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Comment fonctionnent les obligations (et pourquoi les prix bougent avec les taux d'intérêt)

Les obligations ont la réputation d'être ennuyeuses, mais la mécanique derrière elles explique beaucoup de choses sur la façon dont votre portefeuille, votre prêt hypothécaire et l'économie au sens large bougent ensemble. Une fois que vous comprenez pourquoi le prix d'une obligation baisse quand les taux d'intérêt montent, les manchettes sur la Banque du Canada prennent soudainement beaucoup plus de sens.

Ce qu'est réellement une obligation

Une obligation est un prêt, simplement structuré comme un titre négociable plutôt que comme une entente bancaire. Lorsque vous achetez une obligation, vous prêtez de l'argent à celui qui l'a émise — un gouvernement ou une société — pour une période déterminée, appelée échéance.

En échange, l'émetteur promet deux choses : des paiements d'intérêt réguliers en cours de route (appelés le coupon), et le remboursement de votre montant de prêt initial (la valeur nominale, ou valeur au pair) à l'échéance de l'obligation.

  • Obligations du gouvernement du Canada : émises par le gouvernement fédéral, généralement considérées à très faible risque de défaut
  • Obligations provinciales : émises par les provinces, avec des rendements légèrement plus élevés pour refléter le risque de crédit provincial
  • Obligations de sociétés : émises par des entreprises, avec des rendements qui varient selon la solvabilité de l'entreprise

Le taux du coupon est fixé à l'émission de l'obligation et ne change pas. C'est précisément cette nature fixe qui rend les prix des obligations sensibles aux variations des taux d'intérêt.

À lire aussi : Compound Interest Calculator · Future Value Calculator. Pour les règles officielles, consultez Bank of Canada.

Pourquoi les prix et les taux évoluent en sens opposé

Voici le mécanisme central. Disons qu'une obligation a été émise en payant un coupon de 3 % sur une valeur nominale de 1 000 $ — soit 30 $ par année. Si de nouvelles obligations commencent à arriver sur le marché en payant 4 % parce que les taux d'intérêt ont monté, plus personne ne veut de votre ancienne obligation à 3 % à plein prix. Pourquoi le feraient-ils, quand ils peuvent obtenir un meilleur taux ailleurs?

Pour rendre votre ancienne obligation concurrentielle, son prix doit baisser jusqu'à ce que le rendement effectif — le coupon plus l'escompte — corresponde à ce qu'offrent les nouvelles obligations. Cet ajustement se produit automatiquement sur le marché obligataire, chaque jour, pour chaque obligation existante.

L'inverse est aussi vrai. Si les taux baissent à 2 %, votre ancienne obligation à 3 % devient soudainement attrayante, et son prix monte au-dessus de la valeur nominale parce que les acheteurs paieront une prime pour verrouiller ce meilleur coupon.

C'est pourquoi vous entendrez l'expression « les prix des obligations et les rendements évoluent en sens inverse ». Ce n'est pas une règle inventée par quelqu'un — c'est un simple calcul mathématique qui force les obligations existantes à demeurer concurrentielles par rapport aux nouvelles émises.

Pourquoi certaines obligations bougent plus que d'autres : la durée

Toutes les obligations ne réagissent pas également à un changement de taux. Le principal facteur est le temps qu'il reste avant l'échéance, un concept souvent résumé par la durée d'une obligation.

Une obligation à court terme — disons arrivant à échéance dans un an — n'a à « absorber » l'écart entre l'ancien et le nouveau taux que pour une courte période, alors son prix bouge à peine. Une obligation à long terme, arrivant à échéance dans 20 ou 30 ans, doit absorber cet écart pendant des décennies, alors son prix fluctue beaucoup plus fortement pour le même changement de taux.

C'est pourquoi les obligations gouvernementales à long terme et les fonds obligataires à longue durée peuvent perdre une valeur appréciable lorsque la Banque du Canada relève rapidement les taux, même si on les considère très sûrs du point de vue du défaut. Le risque n'est pas que vous ne soyez pas remboursé — c'est que la valeur marchande de ce que vous détenez baisse pendant que les taux sont plus élevés ailleurs.

Si vous choisissez entre des fonds obligataires, vérifier la durée moyenne du fonds vous donne une idée approximative de l'ampleur des fluctuations du prix de sa part lorsque les taux bougent.

Ce que cela signifie pour vous en tant qu'investisseur canadien

Les obligations apparaissent dans la plupart des portefeuilles des Canadiens par l'entremise de fonds communs de placement, de FNB, ou dans le cadre d'un fonds à date cible ou équilibré à l'intérieur d'un REER, d'un CELI ou d'un CELIAPP. Comprendre la relation avec les taux aide à interpréter pourquoi un fonds obligataire « sûr » peut tout de même afficher une perte au cours d'une année donnée.

Si vous détenez une obligation individuelle jusqu'à l'échéance, les fluctuations de prix au jour le jour n'affectent pas ce que vous recevez éventuellement, à condition que l'émetteur ne fasse pas défaut. Les fonds obligataires, c'est différent — ils détiennent un panier d'obligations en rotation et n'arrivent jamais à échéance, alors le prix de leur part reflète en tout temps les conditions de taux actuelles.

  • Environnement de hausse des taux : les prix des obligations existantes baissent, mais les obligations nouvellement émises et les coupons réinvestis rapportent davantage par la suite
  • Environnement de baisse des taux : les prix des obligations existantes montent, mais l'argent nouveau va dans des obligations à rendement plus faible
  • Détenir des obligations à durée plus courte atténue cette volatilité si vous êtes sensible aux taux ou avez besoin de l'argent plus tôt

Rien de tout cela ne rend les obligations bonnes ou mauvaises — cela signifie simplement que le prix que vous voyez au jour le jour reflète un marché qui réévalue constamment d'anciennes promesses par rapport aux nouvelles. Confirmez tout taux, rendement ou détail de produit actuel auprès de l'émetteur ou de votre institution financière avant de prendre une décision, puisque ceux-ci bougent régulièrement.

Questions fréquentes

Si je détiens une obligation jusqu'à son échéance, les changements de taux ont-ils de l'importance?

Beaucoup moins. Si vous détenez une seule obligation jusqu'à l'échéance et que l'émetteur ne fait pas défaut, vous récupérez vos paiements de coupon réguliers plus votre valeur nominale, peu importe ce qui est arrivé à son prix entre-temps. Les fluctuations de prix dues aux taux importent surtout si vous devez vendre tôt, ou si vous détenez un fonds obligataire, qui achète et vend constamment et n'arrive jamais à échéance.

Les obligations sont-elles sans risque?

Aucun placement n'est sans risque, mais les obligations gouvernementales d'émetteurs stables (comme le gouvernement du Canada) comportent un très faible risque de défaut. Elles comportent tout de même un risque de taux d'intérêt (fluctuations de prix) et un risque d'inflation (des paiements fixes perdant leur pouvoir d'achat). Les obligations de sociétés ajoutent par-dessus un risque de crédit — la possibilité que l'émetteur ne puisse pas vous rembourser.

Pourquoi les obligations à plus long terme bougent-elles plus que celles à court terme lorsque les taux changent?

Parce que vous êtes verrouillé dans l'ancien taux plus longtemps. Une obligation de 2 ans ne « subit » l'écart entre l'ancien et le nouveau taux que pendant deux ans; une obligation de 30 ans le subit pendant trois décennies, alors le marché escompte son prix beaucoup plus fortement pour compenser. Cette sensibilité est souvent appelée la durée.

Sources

Information générale destinée aux lecteurs canadiens; ne constitue pas un conseil financier, fiscal ou de placement personnalisé. Les chiffres reflètent la date de révision; confirmez les limites et règles en vigueur auprès de l'ARC ou d'un professionnel qualifié avant d'agir.