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Le Canada perd 42 000 emplois en août et la croissance des salaires ralentit à 2 %

L'emploi a reculé alors que les économistes attendaient une hausse; le chômage reste à 6,4 % et les salaires progressent à leur rythme le plus lent depuis 2017, exception faite de 2021.

L'économie canadienne a perdu 42 000 emplois en août, a annoncé Statistique Canada le 4 septembre, mettant fin à une période de quatre mois au cours de laquelle les employeurs avaient ajouté 181 000 postes au total. Le taux de chômage est resté stable à 6,4 %, et le taux d'emploi a glissé de 0,1 point de pourcentage, à 60,8 %.

C'est une nette déception : les économistes prévoyaient un gain d'environ 15 000 emplois. La plupart d'entre eux invitent toutefois au calme, rappelant que le taux de chômage est un signal plus fiable que le solde mensuel d'une enquête réputée volatile.

Les chiffres

  • Emploi : recul de 42 000 (-0,2 %) en août, mais hausse de 217 000 (+1,0 %) sur un an.
  • Taux de chômage : 6,4 %, inchangé après trois baisses mensuelles consécutives.
  • Salaires : la rémunération horaire moyenne a augmenté de 2,0 % sur un an, à 37,02 $, contre 2,8 % en juillet et 3,3 % en juin.
  • Secteur public : baisse de 20 000 postes, un troisième recul mensuel d'affilée et 78 000 de moins depuis mai.
  • Fabrication : hausse de 22 000 (+1,2 %), le seul secteur en progression notable, surtout en Ontario.
  • Jeunes : l'emploi a reculé de 19 000 et leur taux de chômage est monté à 12,9 %.
  • Provinces : l'emploi a diminué au Québec (-19 000) et légèrement en Ontario (-18 000).

La lecture des économistes

Andrew Hencic, de la TD, estime que compte tenu de la nature bruyante des données, un pas en arrière n'a rien de très surprenant après une série de rapports vigoureux. Pour Andrew Grantham, de la CIBC, il est « encore beaucoup trop tôt pour sonner l'alarme », même si les données cadrent avec un ralentissement plus large. Claire Fan, de RBC, attribue la faiblesse de l'embauche à la hausse des départs à la retraite et au ralentissement de l'immigration.

M. Grantham souligne aussi que l'enquête a été menée au milieu du mois et ne reflète donc probablement pas tout l'effet des tarifs américains de 50 % imposés le 22 août sur environ 28 milliards de dollars de produits canadiens. Selon Statistique Canada, le taux de mises à pied dans les industries qui dépendent de la demande américaine a été en moyenne de 0,9 % au cours des 12 derniers mois, contre 0,7 % ailleurs.

Et les taux d'intérêt?

Ce rapport arrive deux jours après que la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % en signalant des risques inflationnistes accrus. Le ralentissement des salaires apaise l'une de ces inquiétudes. La CIBC s'attend à ce que la Banque reste sur la touche jusqu'à la fin de 2026. Malgré tout, selon La Presse Canadienne, les marchés évaluaient à plus de 25 % la probabilité d'une hausse d'un quart de point le 28 octobre, une nette progression par rapport au début de la semaine.

L'autre point de vue

Un mois faible après un printemps solide ne fait pas une tendance, et le taux global de mises à pied, à 0,8 %, était légèrement inférieur à son niveau d'il y a un an. Le risque, c'est que le recul d'août marque le début d'une phase plus lente, à mesure que les tarifs freineront l'embauche dans les secteurs exposés cet automne.

Ce que ça signifie pour les ménages

Pour les travailleurs, des hausses salariales de 2 % sont désormais inférieures à une inflation d'environ 3 %, ce qui signifie que bien des paies perdent du pouvoir d'achat. C'est le bon moment pour vérifier si son fonds d'urgence couvre plusieurs mois de dépenses essentielles, surtout pour ceux qui travaillent dans la fabrication, le transport ou d'autres secteurs exposés au commerce.

Garder ce coussin dans un compte d'épargne à intérêt élevé ou un CPG à court terme, plutôt que dans des placements volatils, permet de l'avoir sous la main au besoin. Il s'agit d'information générale et non d'un conseil personnalisé.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.