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L'inflation reste à 3 % en août, l'épicerie ralentit enfin

Les prix à la consommation ont augmenté de 3,0 % sur un an en août, comme en juillet, et l'inflation alimentaire est passée sous le taux global pour la première fois depuis 2024.

Le taux d'inflation au Canada n'a pas bougé en août. Statistique Canada a annoncé lundi que l'Indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 3,0 % sur un an, au même rythme qu'en juillet et conformément aux prévisions des analystes sondés par Reuters.

L'essence demeure la principale source de pression, mais sa hausse annuelle a ralenti. Ce répit a été compensé par la montée des prix des voyages organisés et des loyers, si bien que le taux global est resté stable.

Les chiffres et les attentes

Les mesures de l'inflation fondamentale suivies par la Banque du Canada restent sages : l'IPC-médian s'établit à 2,0 % et l'IPC-tronqué à 1,9 %, comme en juillet.

  • IPC global : +3,0 % sur un an (juillet : +3,0 %; prévision : 3,0 %)
  • Variation mensuelle : -0,1 %, ou +0,2 % en données désaisonnalisées (les analystes s'attendaient à une stabilité)
  • IPC sans l'essence : +2,4 %, contre +2,2 %
  • Essence : +22,8 %, contre +25,7 %
  • Aliments achetés en magasin : +2,8 %, contre +3,1 %
  • Logement : +1,5 %, contre +1,3 %
  • Loyers : +2,8 %, contre +2,5 %
  • Voyages organisés : +26,1 %, contre +15,2 %, en partie à cause d'un effet de base

L'épicerie passe sous la barre

La bonne nouvelle du mois se trouve au supermarché. Pour la première fois depuis juillet 2024, les prix des aliments achetés en magasin augmentent moins vite que l'ensemble de l'IPC. Les produits laitiers mènent le ralentissement, avec une hausse de seulement 0,7 % après 3,1 % en juillet, surtout grâce au fromage et au yogourt. Le porc frais ou surgelé, les condiments et les fruits frais ont aussi moins augmenté. Il faut toutefois garder en tête que l'épicerie coûte 29,0 % de plus qu'en août 2021 : c'est la hausse qui ralentit, pas la facture qui baisse.

Énergie et Banque du Canada

L'essence est restée chère en raison du conflit au Moyen-Orient, et le mazout a bondi de 43,7 % sur un an, ce qui explique que les provinces de l'Atlantique affichent les taux d'inflation les plus élevés. Les vêtements, eux, ont coûté 1,1 % de moins qu'il y a un an.

La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 2 septembre. Le mois dernier, elle avait prévenu qu'elle n'hésiterait pas à relever ses taux à plusieurs reprises si l'inflation demeurait élevée et contaminait les mesures fondamentales. Avec un IPC-médian et un IPC-tronqué autour de 2 %, le rapport de lundi ne montre pas encore cette contagion. Le huard a reculé après la publication, à 71,90 cents US, et le rendement des obligations fédérales de deux ans a gagné 1,4 point de base, à 2,703 %.

Les risques

Un taux de 3 % se situe à la limite supérieure de la fourchette cible de 1 % à 3 % de la Banque, et son moteur principal, l'énergie, dépend de la géopolitique. Les contre-tarifs canadiens sur les produits américains, en vigueur depuis le début du mois, pourraient aussi faire grimper certains prix. La remontée de l'inflation des loyers est une autre tendance à surveiller.

Ce que ça change pour vous

Le ralentissement à l'épicerie soulage le budget alimentaire, mais l'essence et le mazout restent coûteux, surtout dans l'Atlantique. Les ménages qui chauffent au mazout ont intérêt à prévoir une facture d'hiver plus salée.

Pour les épargnants, une inflation de 3 % signifie qu'un compte peu rémunéré perd du pouvoir d'achat : comparez les taux des comptes d'épargne et des CPG avec l'inflation. Pour les emprunteurs, une inflation fondamentale près de 2 % rend moins certaine une hausse de taux à la prochaine décision de la Banque, le 28 octobre, sans l'exclure. Il s'agit d'information générale, et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.