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L'inflation grimpe à 3,1 % en septembre sous l'effet de l'essence, mais l'inflation de fond ralentit

Le prix de l'essence, en hausse de 27,8 % sur un an, ramène l'IPC au-dessus du plafond de 3 % de la Banque du Canada, alors que l'épicerie ralentit à son rythme le plus faible depuis mai 2024.

Le taux d'inflation annuel au Canada est passé de 3,0 % en août à 3,1 % en septembre, a annoncé lundi Statistique Canada. La flambée de l'essence et du mazout a ramené l'indice des prix à la consommation au-dessus de la limite supérieure de la fourchette de 1 % à 3 % visée par la Banque du Canada, une première en trois mois.

Sous la surface, le portrait est plus rassurant. Sans l'essence, les prix ont augmenté de 2,2 %, contre 2,4 % en août, et les deux mesures de l'inflation fondamentale privilégiées par la banque centrale ont ralenti. Le panier d'épicerie, lui, a nettement décéléré.

Les chiffres par rapport aux attentes

Les économistes sondés par Reuters prévoyaient 3,2 %. Le résultat est donc légèrement inférieur au consensus. Les principaux chiffres :

  • IPC d'ensemble : +3,1 % sur un an (août : +3,0 %)
  • Variation mensuelle : +0,1 % non désaisonnalisé, +0,4 % désaisonnalisé
  • IPC sans l'essence : +2,2 % (août : +2,4 %)
  • IPC-médian : 1,9 %; IPC-tronqué : 1,8 %, tous deux un peu sous les 1,9 % attendus
  • Énergie : +19,0 % (août : +15,4 %); essence +27,8 %; mazout et autres combustibles +57,8 %
  • Aliments achetés en magasin : +1,7 %, la plus faible hausse annuelle depuis mai 2024
  • Logement : +1,8 % (août : +1,5 %); loyers +2,8 %; coût de l'intérêt hypothécaire -0,2 %

Un choc pétrolier, pas une inflation généralisée

En 2026, l'inflation canadienne est de plus en plus une affaire de pétrole. L'agence fédérale associe la hausse de l'essence au prix du brut, à son sommet depuis mai sur fond d'incertitude liée aux conflits au Moyen-Orient. Le mazout, sur lequel comptent bien des ménages des provinces atlantiques pour se chauffer, coûte 57,8 % de plus qu'il y a un an, et le transport aérien a bondi de 19,4 %.

Hors énergie, on se rapproche de la cible de 2 %. Continuum Economics note que les prix désaisonnalisés excluant les aliments et l'énergie n'ont progressé que de 0,1 % durant le mois, après quatre hausses consécutives de 0,3 %. L'épicerie reste 33,0 % plus chère qu'en septembre 2020, mais les légumes frais ont reculé de 2,9 % en un an.

Pourquoi la Banque du Canada reste sur ses gardes

Le danger, c'est que le choc énergétique contamine les attentes. Le même jour, l'enquête du troisième trimestre de la Banque du Canada auprès des consommateurs montrait des attentes d'inflation à long terme en hausse, alignées sur des attentes à court terme déjà élevées; les répondants pointent les tensions commerciales et l'énergie. Les entreprises sondées dans l'Enquête sur les perspectives des entreprises comptent continuer de refiler des hausses de coûts plus fortes que d'habitude.

Le marché obligataire a réagi : le rendement des obligations du Canada à deux ans a gagné 7,7 points de base, à 2,545 %, selon Reuters. Les marchés monétaires misent sur un statu quo à 2,25 % le 28 octobre, mais anticipent une hausse d'un quart de point en décembre. Le gouverneur Tiff Macklem a prévenu que les nouvelles prévisions de la Banque montreront une inflation plus élevée.

Ce que ça change pour les ménages

Pour la plupart des familles, la douleur se concentre à la pompe et sur la facture de chauffage, alors que l'épicerie et les loyers ralentissent. Les ménages qui se chauffent au mazout, surtout dans l'Atlantique, seront les plus touchés cet hiver.

Pour les emprunteurs, le signal à surveiller vient des obligations : les taux hypothécaires fixes suivent les rendements obligataires. Si les marchés continuent d'anticiper une hausse, ceux qui renouvellent dans les prochains mois pourraient obtenir moins de répit qu'espéré. Côté épargne, il vaut la peine de comparer le rendement d'un compte d'épargne ou d'un CPG à une inflation de 3,1 % : en deçà, on perd du pouvoir d'achat. Il s'agit d'information générale, et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.