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Les prix à la sortie de l'usine bondissent de 13,5 % sur un an, portés par les métaux précieux et le carburant

L'Indice des prix des produits industriels a grimpé de 1,3 % en août et celui des matières brutes de 3,1 %, sous l'effet du conflit au Moyen-Orient et de la remontée de l'or et de l'argent.

Les prix des biens qui sortent des usines canadiennes ont de nouveau fortement augmenté en août, alors que la reprise des hostilités au Moyen-Orient faisait grimper les carburants et que les métaux précieux rebondissaient. Statistique Canada a annoncé jeudi que l'Indice des prix des produits industriels (IPPI) a augmenté de 1,3 % par rapport à juillet et de 13,5 % sur un an.

L'Indice des prix des matières brutes (IPMB), qui mesure ce que paient les fabricants pour leurs intrants, a grimpé de 3,1 % sur un mois et de 22,8 % sur un an. L'agence associe la hausse de l'énergie à la reprise du conflit entre les États-Unis et l'Iran et à l'effondrement de leur cessez-le-feu.

Les chiffres

Sur 12 mois, certains écarts sont spectaculaires : le diesel a bondi de 75,0 %, le mazout léger de 74,5 %, le cuivre brut de 49,3 % et les métaux précieux bruts de 46,3 %.

  • IPPI : +1,3 % sur un mois, après +0,3 % en juillet; +13,5 % sur un an, une 23e hausse annuelle d'affilée
  • IPPI sans l'énergie et les produits pétroliers : +0,8 %
  • Énergie et produits pétroliers : +4,0 %, menés par le diesel (+9,6 %) et le mazout léger (+8,5 %)
  • Métaux non ferreux de première transformation : +4,4 %, dont l'argent brut (+9,6 %) et l'or brut (+6,7 %)
  • Produits chimiques : +2,8 %, surtout les résines plastiques (+10,7 %)
  • IPMB : +3,1 % sur un mois; +22,8 % sur un an (juillet : +18,2 %)
  • Produits énergétiques bruts : +7,1 %, dont le pétrole brut synthétique (+21,6 %)

L'angle canadien

Pour une économie riche en ressources, la flambée des matières premières est une arme à double tranchant. Elle gonfle les revenus des pétrolières, des minières et des raffineurs, et explique en partie les solides profits du secteur de l'énergie. Mais elle fait aussi grimper les coûts des fabricants et, tôt ou tard, ceux des consommateurs.

La pression se propage dans la chaîne d'approvisionnement. Selon une analyse du Distribution Strategy Group, les prix des fabricants canadiens ont été en moyenne 10,5 % plus élevés au cours des huit premiers mois de 2026 qu'un an plus tôt, et 8,2 % plus élevés sans l'énergie, ce qui risque d'alourdir le coût de remplacement des stocks des distributeurs.

Tout n'augmente pas

Les prix des animaux et produits d'origine animale ont reculé de 3,4 % en août, leur plus forte baisse mensuelle depuis juillet 2020, en raison d'un repli de 9,6 % pour les bovins et les veaux. Statistique Canada rappelle aussi que l'IPPI exclut les taxes de vente et les tarifs, et qu'il ne mesure pas directement ce que paient les consommateurs.

Les risques

Les hausses à la sortie de l'usine peuvent mettre des mois à se répercuter sur les prix à la consommation, et tout dépend de la durée de la flambée énergétique. Si le conflit s'apaise, les carburants pourraient redescendre rapidement, comme en juin. Sinon, la hausse des coûts des intrants pourrait pousser plus haut l'inflation, déjà à 3,0 % en août, et compliquer la tâche de la Banque du Canada. Les contre-tarifs pourraient aussi faire grimper indirectement certains coûts.

Ce que ça change pour vous

Pour les ménages, le signal le plus clair concerne le carburant : le diesel et le mazout coûtent beaucoup plus cher qu'il y a un an, ce qui touche le chauffage et le transport. Prévoir des factures d'énergie plus élevées cet hiver est prudent.

Pour les investisseurs, ces données montrent pourquoi les producteurs d'énergie et de métaux précieux ont profité de l'année, mais ces gains reposent sur des prix volatils et sur la géopolitique. Miser fortement sur un seul secteur des ressources accroît le risque; une bonne diversification demeure la façon habituelle de le gérer. Il s'agit d'information générale, et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.