
Le Parti Québécois remporte l'élection, mais minoritaire : le marché obligataire respire
Le PQ formera un gouvernement minoritaire après avoir rayé la CAQ de la carte; le référendum attendra au moins 2029, et les premières réactions obligataires traduisent un soulagement.
Le Parti Québécois a remporté lundi l'élection générale au Québec et formera le prochain gouvernement, mais les électeurs lui ont refusé la majorité. Le parti souverainiste de Paul St-Pierre Plamondon a obtenu une soixantaine des 127 sièges de l'Assemblée nationale (59 selon le décompte de La Presse Canadienne le soir du scrutin), sous la barre des 64 nécessaires pour gouverner seul, avec environ 28 % des voix.
C'est une remontée spectaculaire pour le PQ, réduit à trois sièges en 2022, et un effondrement pour la Coalition avenir Québec, au pouvoir depuis huit ans, qui est complètement exclue de l'Assemblée.
Les résultats
Les décomptes de sièges proviennent de la compilation de Wikipédia et de celui de La Presse Canadienne, qui diffèrent d'un siège.
- Parti Québécois : environ 60 sièges, 28,0 % des voix
- Parti libéral du Québec : de 39 à 40 sièges environ, 24,2 %; son chef Charles Milliard dirigera l'opposition officielle
- Parti conservateur : 19 sièges, 20,7 %
- Québec solidaire : 9 sièges, 12,4 %
- Coalition avenir Québec : aucun siège, contre 79 auparavant; la première ministre sortante Christine Fréchette a perdu sa circonscription et annoncé son départ de la direction du parti
- Participation : 66,9 %
La question référendaire
Paul St-Pierre Plamondon s'est engagé à tenir un troisième référendum sur la souveraineté au cours de son premier mandat, mais pas avant le 20 janvier 2029, date de la fin du second mandat de Donald Trump. Le statut minoritaire complique les choses : les libéraux ont fait savoir qu'ils ne collaboreraient pas à un référendum, et le politologue Daniel Béland a indiqué à Al Jazeera que l'appui à l'indépendance tourne autour de 30 %, un niveau faible historiquement. Selon lui, la victoire péquiste s'explique davantage par la fragmentation du vote que par une poussée souverainiste.
Sur le plan économique, le PQ proposait de réduire le taux d'imposition des sociétés de 11,5 % à 9,5 %.
Ce que surveillent les détenteurs d'obligations
Le Québec emprunte beaucoup sur les marchés, et les investisseurs exigeaient une petite prime pour le risque politique. Avant le scrutin, les obligations québécoises à 30 ans se négociaient à environ 11 points de base au-dessus des titres ontariens comparables, selon des données de Beacon Securities citées par Briefs Finance, qui rapporte des écarts plus près de 7,5 points de base dans les premières lectures après le vote. « Les détenteurs d'obligations sont soulagés que les électeurs aient gardé le PQ en laisse et qu'il doive travailler avec d'autres partis », résume Derek Holt, de la Banque Scotia.
Il prévient toutefois que les écarts « s'élargiraient, peut-être assez brusquement, dans une véritable campagne référendaire ». Les finances publiques ajoutent à la sensibilité : S&P Global a abaissé la cote du Québec à A+ en avril 2025, une première depuis 1993. Pendant la campagne référendaire de 1995, le dollar canadien avait perdu plus de 3 % face au billet vert en trois semaines avant de rebondir, a rappelé Bloomberg.
Ce que ça change pour vous
Rien ne change du jour au lendemain pour l'épargne, les régimes de retraite ou les dépôts bancaires des ménages québécois. Pour l'investisseur, l'effet passe surtout par le marché obligataire : les obligations provinciales font partie de la plupart des FNB d'obligations canadiennes et des fonds équilibrés, et une prime de risque plus élevée se traduirait par des rendements un peu plus hauts et une légère baisse de prix des obligations québécoises existantes. Un fonds obligataire diversifié répartit ce risque entre de nombreux émetteurs. Avec un vote en Alberta sur l'unité nationale prévu le 19 octobre, il faut s'attendre à ce que l'actualité politique ajoute un peu de volatilité au huard. Cet article est de l'information générale et ne constitue pas un conseil financier personnalisé.
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Sources
- Wikipedia — 2026 Quebec general election
- Al Jazeera — Secessionist Parti Québécois wins Quebec election in Canada
- Briefs Finance — PQ's minority win lifts confidence and tightens Quebec's bond spread
- Benefits and Pensions Monitor — Quebec's bond market flirts with political risk for a few extra basis points
- CTV News — 5 takeaways from Quebec election as Parti Québécois forms minority government
- Money.ca — Parti Québécois wins Quebec election: what the minority government, a delayed referendum and wider bond spreads mean for RRSPs, TFSAs and savings
Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.