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Tarifs américains de 50 % : le TSX encaisse, le huard glisse et les économistes font les comptes

Après l'échec des négociations, des tarifs de 50 % sur environ 20 milliards $ US de produits canadiens sont en vigueur; le TSX a tout de même monté lundi et le huard a reculé à 72,24 cents US.

Les marchés canadiens ont eu lundi leur première séance complète dans une guerre commerciale relancée, et la réaction a été plus sage que les manchettes. L'indice composé S&P/TSX a clôturé en hausse de 93,89 points à 36 714,12, alors que le dollar canadien a glissé à 72,24 cents US, contre 72,67 cents US vendredi.

Pendant la fin de semaine, les États-Unis ont imposé des tarifs de 50 % sur environ 20 milliards de dollars américains de produits canadiens, après l'échec des pourparlers de Washington vendredi. Les droits sont entrés en vigueur samedi à 0 h 01 (heure de l'Est), à l'expiration de l'échéance américaine. Lundi, le président Donald Trump a menacé de porter à 50 % les tarifs sur l'ensemble des véhicules, des pièces automobiles et de l'acier canadiens dès le 1er janvier.

Ce qui est visé

Les nouveaux droits touchent environ 5 % des exportations canadiennes vers les États-Unis, selon les économistes cités par BNN Bloomberg, et une gamme de produits allant du ciment, du miel et de l'alcool aux textiles, aux meubles et aux articles de toilette. Les estimations canadiennes chiffrent la valeur visée à environ 28 milliards de dollars.

Le premier ministre Mark Carney accuse les négociateurs américains d'avoir ajouté à la dernière minute des conditions injustes, notamment des clauses qui auraient limité la capacité du Canada à conclure des ententes avec d'autres pays. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, rejette plutôt la faute sur Ottawa. M. Carney promet des contre-tarifs équivalents, dollar pour dollar, d'ici le 8 septembre.

La facture

Trevor Tombe, économiste à l'Université de Calgary, estime à partir des tableaux d'entrées-sorties de Statistique Canada qu'environ 87 000 emplois sont menacés : quelque 52 000 directement et environ 35 000 chez les fournisseurs et les entreprises de services. Selon lui, l'Ontario pourrait perdre 36 100 emplois, le Québec 18 300 et la Colombie-Britannique 11 200. La machinerie, l'électronique, les plastiques et le caoutchouc seraient parmi les plus touchés.

  • Selon Bradley Saunders, de Capital Economics, le taux tarifaire effectif américain sur le Canada passe de 2,9 % à 5,6 %
  • La Banque de Montréal s'attend à ce que les tarifs retranchent un demi-point de pourcentage à la croissance
  • Robert Kavcic, de BMO, souligne que la rupture survient alors que la croissance semblait reprendre de l'élan

Pourquoi la Bourse a tenu

Les tarifs ne visent qu'une petite part des exportations : la grande majorité des envois canadiens vers les États-Unis n'est pas touchée par cette ronde. Les matières premières ont aussi amorti le choc : l'or pour livraison en décembre a gagné 17,20 $ US à 4 697,80 $ US l'once, ce qui a soutenu les minières, même si le brut d'octobre a perdu 2,05 $ US à 85,01 $ US le baril.

Le risque, c'est l'élargissement du conflit. La menace sur l'automobile et l'acier, les représailles canadiennes prévues et la révision à venir de l'ACEUM ajoutent de l'incertitude. M. Tombe prévient que l'incertitude elle-même pourrait faire bien plus de dégâts que les tarifs, puisque les entreprises reportent leurs investissements quand les règles du jeu sont floues.

Ce que ça change pour vous

Une séance calme ne veut pas dire que le conflit est entièrement intégré dans les cours. L'exposition sectorielle compte : les fabricants de l'Ontario, du Québec et de la Colombie-Britannique sont les plus directement touchés, tandis que l'or et certaines entreprises tournées vers le marché intérieur résistent mieux.

Pour l'investisseur à long terme, c'est un rappel de l'importance de diversifier entre secteurs et régions, et du coût potentiel de réagir à chaud à une manchette. Un huard plus faible rend aussi les achats et les voyages aux États-Unis plus chers. Il s'agit d'information générale et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.