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Les ventes au détail reculent de 0,7 % en juillet, mais août s'annonce meilleur

Les ventes ont glissé à 73,7 milliards $ en juillet, en baisse dans huit sous-secteurs sur neuf. Une estimation éclair de Statistique Canada laisse toutefois entrevoir un rebond de 1,3 % en août.

Les consommateurs canadiens ont levé le pied en juillet. Statistique Canada a annoncé jeudi que les ventes au détail ont reculé de 0,7 %, à 73,7 milliards $, contre 74,25 milliards $ en juin. Huit des neuf sous-secteurs sont en baisse. En volume, c'est-à-dire en excluant l'effet des prix, le recul atteint 1,1 %.

La baisse est un peu moins forte que prévu : selon Wealth Professional, le consensus anticipait un recul de 0,8 %. Et l'estimation préliminaire de l'organisme indique un rebond de 1,3 % en août.

Où ça a fait mal

  • Ventes au détail de base (hors stations-service et concessionnaires) : -0,7 %, après +1,2 % en juin
  • Magasins de marchandises diverses : -1,9 %, après +2,5 % en juin, le principal frein
  • Vêtements, chaussures, bijoux et accessoires : en baisse
  • Concessionnaires de véhicules et de pièces : -0,8 %, premier recul en quatre mois; les concessionnaires de véhicules d'occasion ont progressé de 2,9 %
  • Stations-service et vendeurs de carburant : -0,9 % en dollars et -3,5 % en volume
  • Matériaux de construction et jardinage : +0,8 %, seule hausse parmi les ventes de base, pour un quatrième mois de suite
  • Commerce électronique : -3,5 %, à 5,5 milliards $, soit 7,5 % du total

Portrait régional

Les ventes ont diminué dans cinq provinces. L'Ontario affiche la plus forte baisse en dollars, en raison des magasins de marchandises diverses, et la région de Toronto recule de 4,7 %. La Colombie-Britannique cède 1,4 %, dont 1,6 % à Vancouver. L'Alberta fait bande à part avec une hausse de 1,4 %.

Ce qui explique le recul

Le prix de l'énergie est le premier suspect. Andrew Hencic, économiste principal chez Économique TD, estime que la hausse des carburants a grugé le pouvoir d'achat en juillet, alors que l'épicerie, le logement et le transport pesaient aussi sur les ménages. L'inflation est passée de 2,8 % en juin à 3 % en juillet, sous l'effet de l'essence, dans la foulée de la reprise des hostilités au Moyen-Orient.

Les ventes au détail sont un indicateur avancé du PIB et représentent environ 40 % des dépenses de consommation, rappelle Reuters. Un mois faible se répercute donc directement sur les estimations de croissance du troisième trimestre.

Simple pause ou début d'une glissade?

Bien des économistes y voient une pause plutôt qu'un virage. Michael Davenport, d'Oxford Economics, a jugé le recul peu surprenant en entrevue avec BNN Bloomberg, soulignant la vigueur de l'estimation d'août. Ce chiffre éclair repose toutefois sur les réponses de seulement 57,8 % des entreprises sondées, contre un taux de réponse final moyen de 87,1 %; il pourrait donc être révisé de façon notable.

D'autres sont plus prudents. Katherine Judge, de Marchés des capitaux CIBC, écrit que l'incertitude commerciale devrait peser sur les dépenses discrétionnaires et qu'une reprise durable pourrait attendre 2027. Selon elle, la Banque du Canada ne relèvera donc pas ses taux à court terme.

Ce que ça change pour les ménages et les investisseurs

Pour les ménages, juillet illustre un arbitrage bien connu : quand le carburant prend une plus grosse part du budget, ce sont les achats discrétionnaires qui écopent. Passer en revue les postes qui ont grossi sans qu'on s'en aperçoive, comme l'essence et l'épicerie, peut aider. Pour les investisseurs, les données mensuelles sont volatiles : un mois faible en dit peu sur un détaillant en particulier, dont les résultats dépendent de ses marges et de sa clientèle. Il s'agit d'information générale, et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.