
Air Canada bondit de 12 % en Bourse en rétablissant des prévisions revues à la baisse
Des revenus records de 6,3 milliards $ au deuxième trimestre et le retour de prévisions annuelles, même réduites, ont propulsé le titre à 30,61 $, malgré une facture de carburant en hausse de 49 %.
L'action d'Air Canada a gagné 12,25 % mercredi à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 30,61 $, au lendemain de la publication de revenus records pour le deuxième trimestre et du retour de ses prévisions annuelles, suspendues au printemps.
Les nouvelles cibles sont plus modestes que les anciennes, mais le marché semblait surtout soulagé de retrouver des repères. Le transporteur montréalais avait retiré ses prévisions le 30 avril, après le déclenchement de la guerre impliquant l'Iran et la flambée du carburéacteur qui a suivi.
Les chiffres
Dans ses résultats publiés mardi en fin de journée, Air Canada a déclaré des produits d'exploitation de 6,266 milliards $, en hausse d'environ 11 % sur un an, un sommet pour un deuxième trimestre.
- Le BAIIDA ajusté s'est établi à 719 millions $, dans le haut de la fourchette visée, pour une marge de 11,5 %.
- La perte d'exploitation atteint 215 millions $, en incluant 388 millions $ de charges liées à la main-d'œuvre et autres.
- La perte nette est de 178 millions $ (0,63 $ par action diluée); le bénéfice net ajusté, de 114 millions $ (0,40 $ par action).
- La charge de carburant a bondi d'environ 49 % : 132,7 cents le litre, contre 88,0 cents un an plus tôt.
- Les flux de trésorerie disponibles ont totalisé 174 millions $ et les liquidités, 8,91 milliards $.
Des prévisions de retour, mais réduites
Air Canada vise maintenant un BAIIDA ajusté de 2,9 à 3,2 milliards $ pour 2026, contre 3,35 à 3,75 milliards $ avant la suspension. La croissance de la capacité est ramenée à 2,25 % à 3,25 % (au lieu de 3,5 % à 5,5 %) et les flux de trésorerie disponibles attendus, à 200 à 500 millions $.
Le transporteur compte compenser environ 60 % de la hausse des coûts de carburant au troisième trimestre et la totalité au quatrième, grâce aux tarifs, à la gestion de la capacité et aux couvertures.
Air Canada a aussi confirmé la vente de 25 % d'Aéroplan pour 2,5 milliards $ à un groupe mené par des fonds gérés par Blackstone, auquel participent la Caisse de dépôt et placement du Québec, Investissements PSP et BCI. Selon Travel Market Report, le produit servira à rembourser une échéance obligataire de 1,2 milliard $. Le PDG Michael Rousseau, qui cédera sa place à Anko van der Werff, juge qu'une cote de crédit de qualité investissement est atteignable à moyen terme.
Les risques
Ces prévisions reposent sur des hypothèses fragiles : un carburéacteur à environ 1,38 $ le litre au troisième trimestre et 1,29 $ au quatrième, et un taux de change de 1,41 $ CA par dollar américain. Une nouvelle poussée du pétrole ou un huard plus faible rogneraient de nouveau les marges. Les coûts unitaires ajustés devraient en outre grimper de 5 % à 6 % cette année, et céder une part d'Aéroplan signifie partager les profits futurs du programme de fidélisation.
Ce que ça veut dire pour les voyageurs et les investisseurs
Pour les voyageurs, la volonté de récupérer la hausse du carburant par les prix et une capacité serrée laisse croire que les billets ne baisseront pas de sitôt. Pour les investisseurs, la remontée du titre montre à quel point une action de transporteur aérien peut réagir à la simple levée d'une incertitude, plus qu'à des profits solides. Le secteur demeure très cyclique et sensible au carburant, à la main-d'œuvre et au change; bien des investisseurs à long terme limitent donc le poids d'un seul titre de ce genre dans leur portefeuille. Il s'agit d'information générale et non d'un conseil personnalisé.
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Sources
- Air Canada — Air Canada Reports Second Quarter 2026 Financial Results
- Investing.com — Canada's TSX hits record close for third straight day as miners, tech gain
- Travel Market Report — Air Canada posts Q2 results hit by fuel costs, confirms sale of Aeroplan stake
Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.