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La Banque du Canada devrait relever son taux mercredi, une première depuis 2023

Les marchés et la plupart des économistes prévoient une hausse d'un quart de point, à 2,5 %, le 28 octobre, la flambée du pétrole menaçant d'étendre l'inflation malgré un marché du travail qui s'affaiblit.

Les ménages qui ont un prêt hypothécaire à taux variable ou une marge de crédit ont une date à encercler. La Banque du Canada annonce sa prochaine décision de taux le mercredi 28 octobre à 9 h 45 (heure de l'Est) et, pour la première fois en trois ans, le mouvement attendu est à la hausse. Les marchés monétaires anticipent une hausse de 25 points de base qui ferait passer le taux directeur de 2,25 % à 2,5 %, selon Reuters, et 19 des 34 économistes sondés par l'agence du 21 au 23 octobre prévoient la même chose.

Ce serait la première hausse depuis juillet 2023 et le premier changement de taux en un an : le taux directeur est à 2,25 % depuis octobre dernier.

Un revirement rapide des attentes

Le virage a été brusque. La probabilité d'une hausse d'un quart de point cette semaine est passée d'environ 35 % à près de 90 %, selon des données de Bloomberg citées par le Globe and Mail. Les marchés s'attendent maintenant à quatre hausses d'un quart de point d'ici la fin de 2027, y compris celle-ci, ce qui porterait le taux directeur à 3,25 %. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à deux ans, qui reflète les attentes envers la Banque, a grimpé de plus de 22 points de base depuis la réunion de septembre.

L'argument pour une hausse : le pétrole

Le déclencheur, c'est l'énergie. Le Brent a atteint vendredi un sommet de six mois à 116 $ US le baril, et le West Texas Intermediate s'échangeait à 103 $ US. L'inflation annuelle est passée à 3,1 % en septembre, contre 3 % en août, surtout à cause d'un bond mensuel de 6,1 % du prix de l'essence, ce qui place l'inflation globale juste au-dessus de la fourchette cible de 1 % à 3 % de la Banque.

Le gouverneur Tiff Macklem répète depuis des semaines que la Banque est prête à agir. « Si les prix du pétrole restent autour de 100 $ US, nous prévoyons que l'inflation remontera graduellement à partir de son niveau actuel de 3 % », a-t-il déclaré ce mois-ci (traduction).

L'argument contre : une économie qui ralentit

Sans l'énergie, le portrait est tout autre. L'inflation hors énergie a reculé à 2,2 % en septembre, contre 2,4 %, et les deux mesures privilégiées de l'inflation fondamentale sont descendues à 1,9 % et 1,8 %, sous le point médian de 2 % de la cible. Le marché du travail s'est aussi retourné : les deux derniers rapports sur l'emploi ont effacé tous les gains de l'année, et les données sur l'habitation, la fabrication et le commerce de gros annoncent une croissance bien plus faible au troisième trimestre qu'au deuxième. Les États-Unis prévoient en outre d'imposer en janvier des tarifs plus élevés sur certains véhicules, pièces d'auto et produits d'acier canadiens.

Plusieurs économistes en vue sont donc mal à l'aise. Doug Porter, économiste en chef de BMO, a dit à Reuters qu'il s'oppose à une hausse parce que l'économie s'affaiblit, même si les messages de la Banque en annoncent une. Pour Jeremy Kronick, PDG de l'Institut C.D. Howe, les données dans leur ensemble « ne justifient pas » une hausse.

Ce que ça change pour vous

Rien n'est joué avant mercredi matin : avec une inflation fondamentale sous 2 % et des pertes d'emplois, un statu quo reste possible. Il s'agit d'information générale et non d'un conseil personnalisé; si votre renouvellement approche, comparez les offres et vérifiez votre budget avec un taux plus élevé.

  • Taux variable et marge de crédit : ils suivent le taux préférentiel des banques, qui évolue normalement avec celui de la Banque du Canada. Une hausse d'un quart de point ferait augmenter les paiements ou les intérêts en quelques semaines. - Taux fixe et renouvellement : ces taux dépendent des rendements obligataires à plus long terme, qui ont déjà grimpé. Comme le résume Nathan Janzen, économiste en chef adjoint à RBC, devancer ou retarder la première hausse de trois mois ne change pas grand-chose; c'est la direction générale des taux qui compte. - Épargnants : les taux des CPG et des comptes à intérêt élevé suivent généralement les mêmes rendements à la hausse, une maigre consolation.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.