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Le rendement obligataire de cinq ans atteint un sommet de 52 semaines, les taux fixes sous pression

Le rendement des obligations du Canada à cinq ans a touché 3,729 % lundi, dans un repli mondial des marchés obligataires alimenté par les craintes d'inflation liées à l'énergie.

Le coût d'emprunt des propriétaires canadiens a continué de grimper lundi, sans que la Banque du Canada y soit pour quelque chose. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à cinq ans, principale référence des prêteurs pour fixer les taux hypothécaires fixes, a atteint un nouveau sommet de 52 semaines à 3,729 %, selon Canadian Mortgage Trends.

Le rendement se trouve ainsi environ 28 points de base au-dessus de sa clôture du 8 septembre, à 3,448 %. Ce mouvement s'inscrit dans une vague mondiale de ventes sur les obligations, nourrie par la crainte que la flambée de l'énergie maintienne l'inflation à un niveau élevé.

Le fil des événements

  • 2 septembre : la Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 %
  • 8 septembre : le rendement de cinq ans clôture à 3,448 %
  • 10 septembre : bond de 16 points de base en une journée, à 3,64 %, un sommet depuis mai 2024, rapporte le Globe and Mail
  • Septembre : BMO, la Banque Nationale, RBC et la Banque Scotia relèvent certains taux fixes; chez l'ensemble des prêteurs, les hausses vont de 5 à 40 points de base, surtout entre 15 et 30, principalement sur les termes de trois et cinq ans
  • 28 septembre : le rendement atteint 3,729 %, nouveau sommet de 52 semaines

Pourquoi les rendements montent

Dans un discours prononcé le 21 septembre, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a expliqué la mécanique. Les gouvernements et les entreprises empruntent davantage, ce qui pousse les rendements à long terme vers le haut, tandis que le pétrole cher et l'inflation amènent les marchés à anticiper des hausses de taux des grandes banques centrales, ce qui fait monter les rendements à court terme. Les rendements canadiens restent inférieurs à ceux des États-Unis, mais ils ont aussi augmenté ici.

Les marchés misent déjà sur un resserrement. Le 10 septembre, le Globe rapportait que les swaps intégraient une hausse de 25 points de base d'ici la fin de l'année et une deuxième au début de 2027. M. Macklem a dit ne pas vouloir réagir trop tard si les pressions inflationnistes devenaient persistantes.

La marge des prêteurs

Les taux fixes étaient particulièrement concurrentiels. Le courtier hypothécaire calgarien Joe Jacobs expliquait au Globe que le taux fixe de cinq ans se situe habituellement de 1,2 à 1,6 point de pourcentage au-dessus du rendement obligataire, alors que certains des taux les plus bas dépassaient à peine ce rendement de 0,5 point. Avec des taux alors dans le bas de la fourchette de 4 %, il s'attendait à les voir grimper vers le milieu ou le haut de cette fourchette. Une marge aussi mince signifie que toute nouvelle hausse des rendements risque d'être refilée rapidement aux emprunteurs.

L'argument inverse

Les rendements peuvent redescendre aussi vite qu'ils ont monté. Si le conflit au Moyen-Orient s'apaise et que le pétrole recule, les craintes d'inflation pourraient s'estomper. M. Macklem a aussi prévenu que les nouveaux tarifs américains pourraient réduire de moitié la croissance au quatrième trimestre, sous 1 %. Une économie plus faible plaiderait contre une hausse de taux, ce qui pèserait sur les rendements.

Ce que ça change pour les ménages

Les taux hypothécaires fixes suivent les rendements obligataires, pas le taux directeur : ils peuvent donc monter même quand la Banque du Canada fait du surplace. Les acheteurs en quête d'une préapprobation et les propriétaires qui renouvellent dans les prochains mois ont avantage à demander une garantie de taux, qui protège contre de nouvelles hausses pendant quelques mois. Magasiner auprès de plus d'un prêteur et vérifier si le paiement reste viable à un taux plus élevé demeure prudent. Il s'agit d'information générale, et non de conseils personnalisés.

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Sources

Information générale à caractère journalistique, et non un conseil financier personnalisé. Les chiffres reflètent la date de publication.